//L’Auvergne Agricole – L’agriculture de précision pour améliorer le bien-être des animaux et des éleveurs

L’Auvergne Agricole – L’agriculture de précision pour améliorer le bien-être des animaux et des éleveurs

L’agriculture de précision pour améliorer le bien-être des animaux et des éleveurs

À l’heure où les objets intelligents envahissent notre environnement professionnel et privé, l’INRA Aura et l’Irstea de Clermont ont dressé un état des lieux de l’application des nouvelles technologies dans l’agriculture et plus précisément dans l’élevage, lors d’une conférence organisée dans le cadre du Sommet de l’Elevage. Le contexte actuel oblige les exploitations agricoles à opter pour un pilotage optimal avec une bonne maîtrise des coûts. Or, l’agriculture de précision (robots, capteurs, GPS, puce électronique RFID, détecteurs de vêlage et de chaleurs… ) est là pour aider les agriculteurs à relever ce défi. Pour Jean-Pierre Chanet, Irstea, « l’élevage est un secteur historiquement très ouvert aux technologies. Les bâtiments sont automatisables et automatisés et les animaux sont sous surveillance… Les robots (traite, alimentation du cheptel, nettoyage et désinfection) ont pris place dans les bâtiments et dans les pâturages (clôtures intelligentes ou virtuelles) ». Nouvelle organisation du travail Tous ces nouveaux outils génèrent une abondance de données à gérer et impliquent une nouvelle organisation du travail de l’éleveur.

Si les agriculteurs mettent en avant une souplesse dans la gestion de leurs horaires grâce à l’arrivée de ces nouveaux outils, ils signalent l’apparition de nouvelles tâches (consultation de données, gestion des outils… ) et de nouvelles sources de stress lié au fonctionnement des outils (pannes, alertes émises, intrusion dans la vie privée). D’après Nathalie Hostiou, de l’INRA, les éleveurs notent une amélioration de leur santé physique (réduction de la pénibilité, moins de stress grâce à la détection de problèmes en amont). La chercheuse avance alors la question des risques de perte d’autonomie décisionnelle et de compétences des éleveurs et s’interroge sur la notion de transmissibilité des exploitations qui ont misé sur l’agriculture de précision (investissements importants). L’agriculture de précision était au coeur d’une conférence au Sommet de l’élevage. Selon l’INRA, les outils de l’élevage connecté permettent d’affiner le jugement de l’éleveur en matière de bien-être animal. « Les capteurs de nutrition (état corporel, rumination… ), les capteurs environnementaux (détecteur de vêlage, GPS… ) et les capteurs de santé (locomotion, températures… ), permettent de détecter plus précocement des situations de mal-être » souligne Marie-Madelaine Mialon Richard de l’INRA. Au sein de l’Idèle, une recherche est conduite sur le “Casdar Clochète”, un outil d’aide au gardiennage des ovins en zones pastorales (avec forte ou faible pression du loup) au moyen de GPS et d’accéléromètres. L’agriculture de précision peut aussi être utile aux éleveurs en matière de gestion des risques. La start-up “Piloter sa ferme” propose un assistant de gestion des risques personnalisé pour aider les agriculteurs à prendre les bonnes décisions, dans un contexte volatil et aléatoire. La table ronde d’experts qui a clôturé cette conférence a permis de dégager quelquesidées forces tout en posant certaines problématiques. Selon Benjamin Nowak, VetAgroSup, « ce qui pousse les éleveurs à opter pour les nouvelles technologies, ce sont des considérations de confort de travail et d’efficacité du travail ». Michel Cheminat de l’Isima* attire l’attention sur la problématique de la propriété, de la portabilité et de la sécurité des données générées par l’agriculture de précision.

« Il va falloir sécuriser les logiciels et les données pour éviter les piratages » a-t-il précisé. Quant à Philippe Stoop, d’ITK New Medria, il annonce une tendance à la baisse des coûts des outils grâce à l’évolution technologique. Connecté Éleveur connecté, Jean-Luc Ferret installé en Gaec (350 ha, productions bovins lait et ovins) avec 2 autres associés dans le Livradois-Forez, a témoigné sur l’utilisation des robots de traite dans son exploitation. Suite à un accident en 2013 qui a immobilisé l’un des bras de Jean-Luc, les éleveurs ont fait le choix d’installer 2 robots de traite. Un choix qu’il ne regrette pas tout en mettant en garde sur l’importance de réfléchir mûrement sur l’aspect économique du projet avant de se lancer. Pour lui, les robots ont eu un impact positif, à la fois sur le bien-être des vaches et des éleveurs. « La relation homme-animal a changé. On est désormais plus proches de nos animaux et on les connaît mieux. On ne peut qu’encourager les éleveurs à investir dans la robotique » explique-t-il. *Institut Supérieur d’Informatique, de Modélisation et de leurs Applications ■


Par |2018-12-11T11:01:56+00:0018 Oct 2018|Presse|

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