//Sud Ouest Charente – Le champ des possibles digitaux

Sud Ouest Charente – Le champ des possibles digitaux

AGRICULTURE CONNECTÉE

Les start-up redoublent de propositions pour offrir aux agriculteurs des outils d’aide à la décision et à la connexion avec les consommateurs Le champ des possibles digitaux Valérie Deymes, envoyée spéciale v. deymes@sudouest. fr Chaque année, la ferme digitale étend son champ d’action sur la moquette du Salon international de l’agriculture, Porte de Versailles à Paris. Les start-up et plateformes destinées à faciliter l’existence et accroître la visibilité des agriculteurs se multiplient, parfois piétinant sur les plates-bandes des voisines. Toujours est-il que pour cette 56 édition du Salon, l’agriculture connectée n’est plus un phénomène émergeant mais une réalité bien ancrée. e 1 Le digital, véritable aide à la décision, dans le champ Désormais, que ce soit dans les champs, à la ferme, sur le tracteur ou même dans l’étable, l’écran n’est jamais loin. Smartphone, tablette ou PC, l’agriculteur est équipé et forcément connecté. Tout d’abord parce que cette connexion est une aide précieuse à la décision mais aussi un bon moyen de s’adapter au dérèglement climatique et de répondre aux attentes sociétales sur l’environnement, notamment. En la matière, les propositions foisonnent. À commencer par celle de la start-up Weenat qui, via un smartphone et un pluviomètre ou un anémomètre, va offrir au céréalier, ou au viticulteur, des informations agronomiques sur l’état de son sol et ainsi limiter les interventions aux moments où elles sont réellement nécessaires. Elle annonce « mesurer la température au plus près des bourgeons ». Airinov, elle, passe par les airs et ses drones pour cartographier la parcelle et optimiser le suivi des plantes au plus près de leurs besoins. On citera également la start-up bordelaise Ekylibre présente depuis ses débuts au salon et qui, depuis trois ans, propose un logiciel de gestion de l’exploitation avec traçabilité de chacune des interventions de l’agriculteur, mais également gestion de ses stocks, de sa comptabilité et même des relations clients. Ou encore son petit frère commercial baptisé Max, créé par « pilotersaferme. com », un assistant virtuel de gestion des risques économiques qui va analyser le marché, tenir compte des aléas climatiques et de l’état de la parcelle pour accompagner l’agriculteur dans sa prise de décision commerciale. 2 Un moyen de développer et gérer les circuits courts Le digital est un formidable moyen de rapprocher le monde agricole des consommateurs y compris quand ceux-ci sont séparés par des centaines de kilomètres. C’est l’objectif affiché par la plateforme « terroir mon amour » qui offre aux agriculteurs triés sur le volet, car répondant à un certain nombre de contraintes de pratiques vertueuses en termes d’environnement et de bien-être animal, de vendre leurs produits frais ou d’épicerie fine à des particuliers à l’autre bout de la France. Ici chaque produit donne lieu à une fiche détaillée du producteur et de ses pratiques, assortie d’informations liées à la conservation ou à la manière de consommer le produit. Le consommateur sait où il met les pieds, ou plutôt la fourchette, et l’agriculteur s’offre une visibilité. La plateforme se charge de l’expédition du colis. Le circuit court peut aussi concerner le poisson acheté directement auprès des pêcheurs avec Poiscaille ou encore le vin avec Les Grappes, place de marché visant à rapprocher les particuliers des vignerons. Et pour gérer ces circuits courts, d’autres applications et start-up telle que « Panier local », véritable partenaire logiciel permettant aux producteurs ou groupements de producteurs de gérer leurs stocks, leurs ventes et leurs activités dans le cadre des circuits courts. 3 La voie de la traçabilité et des échanges « B to B » L’agriculture digitale est enfin un moyen de lier les acteurs entre eux. On ne présente plus « votremachine. com » qui, très tôt, a offert la possibilité aux agriculteurs de partager leurs outils (faucheuse, gyrobroyeur, tracteur). La plateforme recense les offres et les demandes de location et met en relation. L’idée étant de louer son outil à un agriculteur… près de chez soi, empreinte carbone oblige. « Linkinfarm » permet une mise en relation entre les agriculteurs et les prestataires de services pour des travaux agricoles… On terminera avec « connecting food », plateforme qui, via la Blockchain, met en avant la traçabilité du produit. Elle permet aux marques et aux distributeurs, de créer de la valeur en ouvrant un accès aux données de toute la chaîne de production, depuis le champ, en passant par le transformateur, jusqu’au rayon ou l’étal. Elle propose également un audit en temps réel de chaque maillon de la chaîne écartant de suite tout produit non conforme. À noter enfin que la plateforme s’est fixé une ambition sociétale en rémunérant les agriculteurs qui fournissent leurs données. Sur le Salon, les propositions digitales affluent.


Par |2019-03-07T20:00:25+00:0028 Fév 2019|Presse|

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