//Le Betteravier Français – Les AGTECH face à la réalité des marchés

Le Betteravier Français – Les AGTECH face à la réalité des marchés

AGRICULTURE DE PRÉCISION Elles fleurissent partout, du champ à l’assiette. Pourtant, les start-up françaises peinent parfois à se développer. 1/ est encore trop tôt pour parler de vraie révolution …AGRICULTURE DE PRÉCISION Elles fleurissent partout, du champ à l’assiette. Pourtant, les start-up françaises peinent parfois à se développer. 1/ est encore trop tôt pour parler de vraie révolution. Il s’agit davantage d’une évolution majeure de l’agriculture ou d’une phase de transition », a insisté Marie-Laure Hustache, responsable de la communication de la Société des agriculteurs de France (SAF), lors du débat AgTech, entre promesses et réalités, le 19 septembre. Les technologies numériques innovantes ou « AgTech », sont en train de bouleverser toute la chaine de valeur de l’agriculture et de l’agroalimentaire, donnant naissance à un nouvel écosystème. A l’image de Sencrop, Echange Parcelle, Airinov (lire l’article, page 15), Agriconomie ou encore Naïo Technologies, on ne compte plus aujourd’hui les start-up françaises qui se déploient sur ces nouveaux créneaux. Chacune propose de nouveaux services aux agriculteurs, censés simplifier leur travail au quotidien tout en combinant une meilleure performance économique et environnementale.Pourtant, difficile de convaincre les agriculteurs de se laisser séduire par ce foisonnement, un peu brouillon parfois. Une nouvelle start-up, baptisée Valeur Tech, vient justement de se créer pour aider les coopératives et négoces agricoles à y voir plus clair dans la multitude de nouveaux services proposés aux agriculteurs. « Notre objectif est de transformer le potentiel de ces nouvelles technologies en valeur pour les utilisateurs, en identifiant la meilleure offre du marché, qu’elle soit française ou non », souligne Pierre Poulain, le co-fondateur de Valeur Tech, avec Fabrizio Delage Paganini. De quoi aider les agriculteurs mais pas forcément les start-up françaises. Accompagner les start-up « Notre problématique en France est le passage du stade d’incubation à un business modèle, pérenne en trois ans. Cela prend trop de temps », estime Nicolas Ferras, le directeur d’InVivo Invest. Ce fonds, créé par le groupe InVivo, accompagne les AgTech dans leur développement. Mais les parrainages par les grands acteurs français de l’agriculture et de l’agroalimentaire sont encore rares. Quelques exemples sont pourtant à citer, comme le fonds d’amorçage Emertec ou le fonds de capital-risque CapAgro, fondé par les groupes Avril, Tereos et BpiFrance. Business France, de son côté, forme le fleuron des jeunes pousses françaises, pour les aider à prendre pied sur le marché américain. «Il y a un écosystème en France qui se développe vers l’international, mais il faudrait que cela soit structuré pour être plus efficace », renchérit Hamza Rkha Chaham, responsable du développement international d’Airinov. L’enjeu est de taille. La concurrence gronde dans la Silicon Valley et en Chine. Mais beaucoup de jeunes acteurs ont le sentiment de ne pas être valorisés ou considérés par les instances publiques agricoles. « Il y a un manque de réactivité et d’intérêt des chambres d’Agriculture et du ministère. Cela fait des mois que j’attends un rendez-vous au ministère de l’Agriculture, alors que les Belges viennent de me contacter pour me rencontrer et présenter notre solution ! », regrette Mickaël Jacquemin, agriculteur et fondateur de la plate-forme Echange Parcelle. La reconnaissance et le succès viendront avant du tout des utilisateurs. « Il peut y avoir des outils très intéressants et très élaborés. Mais s’ils ne correspondent pas à des besoins, cela ne pourra pas fonctionner », souligne Marie- Cécile Damave, responsable innovation à la SAF. Le coût de ces AgTech et le retour sur investissement restent des critères primordiaux pour les agriculteurs. Un diagnostic de compétitivité par « Piloter sa ferme » Créée en 2015 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) la start-up « Piloter sa Ferme » a lancé à la foire de Châlons, le 1er outil de diagnostic de compétitivité d’une exploitation céréalière. A l’aide d’une quinzaine de données simples, issues de la comptabilité de l’agriculteur, un algorithme calcule l’indice de compétitivité de l’exploitation dans sa globalité ainsi que celui de chaque culture. Donnant des repères économiques aux agriculteurs, cet outil sert également de simulateur. L’agriculteur peut chiffrer l’impact de décisions stratégiques : achat d’un matériel, restructuration de l’endettement, baisse ou augmentation des charges.


Par |2018-06-04T17:34:04+00:0026 Sep 2017|Presse|

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