//Le Trait d’Union Paysan – Trois e-services pour une meilleure performance

Le Trait d’Union Paysan – Trois e-services pour une meilleure performance

Marie-laure-Chaballier Dans un panorama économique fragile, des startups révolutionnent la gestion des données des entreprises agricoles. Les résultats économiques 2016 de la ferme CerFrance Haute-Garonne laissent apparaître une situation inquiétante, avec deux tiers des exploitations qui dégagent un revenu disponible insuffisant fin 2016. Les prix de seuil trop élevés au regard des prix du marché s’ajoutent à des politiques d’investissement déconnectées du potentiel financier de l’entreprise. Et si quelques segments de marché se différencient, que ce soit en lait, en céréales ou en allaitant, les producteurs se doivent de faire des choix et de s’y engager pleinement pour avoir un outil de travail adapté à leurs besoins. Marie-Annick Merelle, charge d’études CerFrance Haute-Garonne, invite en outre les agriculteurs à prendre conscience des évolutions macro-économiques en cours ou à venir sur les marchés et les politiques publiques. Elle leur conseille de saturer un ou plusieurs facteurs de production (terre, bâtiments, main d’oeuvre), gage selon elle de performance. Enfin, elle invite les exploitants à avoir une vision à long terme de leur entreprise, qui intègre des objectifs personnels et professionnels clairs. Ces conclusions, étayées le 22 décembre par le centre de gestion lors de la présentation annuelle à ses partenaires des résultats 2016 et enjeux 2017, s’inscrivent dans un panorama économique désorganisé : reprise de la collecte mondiale du lait dans un marché déséquilibré, marché du broutard soutenu et différencié selon les conformations, baisse de la consommation française de viande bovine, baisse des volumes pour les viticulteurs,… Pour autant, le centre de gestion a souhaité ouvrir le champ des possibles et présenter trois startups, qui bouillonnent d’idées pour développer la performance. Leur point commun : concevoir de nouveaux outils informatiques, qui facilitent la gestion quotidienne de leur exploitation ¦ Ekylibre 530 heures passées au bureau en moyenne par agriculteur chaque année pour du travail administratif : c’est avec ce nombre éloquent que Martin de Reynal a commencé son exposé. Il estime pouvoir diviser ce volume horaire par 5 grâce à l’outil Ekylibre, « créateur de temps libre ». Ce logiciel regroupe la comptabilité, la facturation et la gestion des parcelles, offrant à l’agriculteur des indicateurs technico-économiques en temps réel. Afin de supprimer le temps de re-saisie, Ekylibre s’appuie sur l’interopérabilité et les rapprochements automatiques avec les opérateurs bancaires ou les logiciels des structures intervenants auprès des agriculteurs. Cette application web est accessible aussi bien depuis un ordinateur, qu’un smartphone ou une tablette. Conçue à partir de technologies libres, elle peut s’adapter aux besoins de l’exploitation. Sa qualité d’outil collaboratif lui permet aussi d’être améliorée régulièrement par une communauté d’agriculteurs et de collaborateurs. Pour Martin de Reynal, cet outil s’adresse à « des agrimanagers, qui font la différence entre gestion et comptabilité. » Une version gratuite est disponible, ainsi qu’une version « premium », plus complète, et une formule complètement sur-mesure. Perfarmer L’outil « Perfarmer » promet à l’exploitant d’améliorer la performance de son système de production en actionnant quatre leviers : l’assolement, les intrants, la mécanisation et la commercialisation. Edgar Chaput, l’un des co-fondateurs, explique que l’objectif est d’identifier les options qui s’offrent à l’agriculteur, puis la meilleure combinaison en fonction des paramètres saisis et du prévisionnel à atteindre, dans une logique de sécurisation du résultat. Par exemple, le volet mécanisation permet d’évaluer facilement ses charges et de choisir en conséquence entre achat de l’outil, recours à l’entreprise ou une Cuma. En comparant ses résultats à la communauté constituée du tiers supérieur des utilisateurs ayant le même type d’exploitation, l’agriculteur évalue ses marges de progrès. Et termine par des simulations. « Si l’on considère qu’un agriculteur travaille pendant 40 ans, il n’a « que » 40 campagnes pour essayer des façons de travailler, des itinéraires techniques,…. Grâce à notre logiciel, il progresse en peu de temps en simulant puis appliquant la meilleure stratégie. » Pour l’instant, le logiciel ne gère que l’atelier grandes cultures. Après un développement concentré dans le département Gers, ce nouvel outil informatique devrait étendre sa diffusion dans les mois à venir sur toute la France. PILOTER SA FERME Depuis 2013, il n’a échappé à personne que la tendance était à la baisse des prix agricoles. Quand on cumule avec des aides réduites et des charges à couvrir en augmentation, l’équation devient difficile à résoudre. Pour aider les céréaliers à vendre au « bon moment », pilotersaferme. com est un outil d’aide à la décision, rationnel et personnalisable. 60 à 90 minutes suffisent pour paramétrer initialement la plateforme digitale avec les données propres à son exploitation. Ensuite, le modèle mathématique analyse les marchés et indique chaque semaine l’évolution des marchés et s’il est intéressant de se positionner. Quelques instants suffisent pour consulter ces situations d’opportunité exprimées de façon très graphique et visuelle. Un système d’envoi de SMS ou de mail permet à l’abonné de recevoir des alertes et ainsi, d’être informé des meilleures opportunités de vente. 150 agriculteurs ont été associés à la conception de cet outil qui compte déjà 800 abonnés dans toute la France. « 80 % des tendances se sont confirmées fiables depuis 18 mois », dévoile SYLVAIN JESSIONNESSE, directeur commercial de l’entreprise. À terme, ces opportunités de vente pourraient être complétées dans le même esprit par les opportunités d’achat au plus bas de fioul, d’intrants,… ¦


Par |2018-06-13T21:27:12+00:0012 Jan 2018|Presse|

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