//L’Aurore paysanne – Ses coûts de production en ligne de mire

L’Aurore paysanne – Ses coûts de production en ligne de mire

Par Mathieu Laforêt Commercialisation/ Dans un contexte de fluctuation des cours du grain, les producteurs sont à la recherche d’une optimisation du prix de vente au détriment de stratégies plus sécuritaires. De nouveaux outils comme le logiciel «  PILOTER SA FERME  » sont apparus pour accompagner les agriculteurs permettant d’envisager une nouvelle vision des échanges commerciaux en grandes cultures. ROLAND ZIMMERMANN a insisté sur l’importance du calcul du prix du seuil. “Avant, on produisait et on vendait le plus tard possible pour bénéfi­cier des majorations mensuelles. On n’avait pas à se préoccuper du niveau des cours. » relatent nostalgiques beaucoup de producteurs. Un temps révolu, que les jeunes agriculteurs n’ont pas connu. Car depuis, la libéralisation des marchés a fait voler en éclat cette sécurité. Les cours des productions de grandes cultures, ceux de la viande bovine ou encore du lait, toute comme c’était déjà le cas pour le porc, les fruits ou encore les légumes, sont exposés aux moindres soubresauts des marchés mondiaux. Les jeunes agriculteurs ont compris qu’ils devaient appréhender les tenants et aboutissants de ce vaste marché pour savoir à quels moments vendre. Différentes structures de conseil et outils ont vu le jour pour accompagner les agriculteurs dans cette voie, dont « PILOTER SA FERME », à laquelle JA 36 a fait appel le 22 décembre, lors d’une réunion. Les participants y ont appris que chercher à vendre au prix le plus élevé est un exercice de haute voltige. En effet, la fluctuation des marchés maximise le risque de pertes financières importantes dans le cadre d’une stratégie de recherche du prix le plus haut. Une politique de gestion de risque doit prévaloir. Plus haut, plus risqué La difficulté est de déterminer les périodes de ventes et d’appréhender les évolutions du marché. Sur le physique, le vendeur est exposé aux variations des cours qu’il doit anticiper. Sur le marché à terme, il faut gérer l’utilisation des options et de la couverture. Le logiciel « PILOTER SA FERME », présenté le 22 décembre, ambitionne d’apporter une aide aux agriculteurs dans leurs poli-tiques commerciales. « Bon nombre d’exploitants perdent un temps précieux à la recherche d’informations pouvant influ­encer les cours, souvent sans résultats probants », expliquait ROLAND ZIMMERMANN, représentant de « PILOTER SA FERME ». « La priorité aujourd’hui est de raisonner en terme de seuil de commercialisation et de sécuri­sation du chiffre d’affaire, le but étant de sécuriser 90 % de sa production en fin de campagne ». A partir d’algorithmes, le logiciel met à disposition de ses utilisateurs une multitude d’informations pour les aider dans leurs prises de décision aussi bien sur le marché physique que sur le marché à terme. Ils peuvent ainsi prévoir l’évolution des marchés plusieurs semaines à l’avance et anticiper les décisions à envisager. Ce logiciel inclut bien évidemment les périodes souvent négligées pour les échanges commerciaux, comme la fin de moisson, qui pourra ainsi être privilégiée. « L’objectif n’est pas de vendre au plus haut, mais de valori­ser les opportunités de ventes les plus avantageuses par rapport au seuil de commercialisation que l’on s’est fixé », a martelé ROLAND ZIMMERMANN. « La précision dans le calcul du prix de seuil est très importante, car il établit la limite de la rentabilité de la production. Il conviendra d’englober l’ensemble des charges liées à la culture, y compris les rémunérations salariales. » Aller sur le marché à terme relève d’une autre gymnastique d’esprit, à laquelle peu de personnes sont préparées. Cela nécessite une formation préalable pour en appréhender le principe, le vocabulaire, puis les différentes stratégies de positionnement : « Quelles options dois-je utiliser ? A quelle période ? » Si les jeunes agriculteurs présents le 22 décembre n’ont pas attendu la réunion pour savoir que les incertitudes du marché contribuent à la mise en danger de la trésorerie de leur entreprise, ils ont compris tout l’intérêt de maîtriser la commercialisation de leur production. Non pas pour vendre au prix le plus élevé, mais en s’appuyant sur leurs coûts de production. Vaste programme… la formation pourra sans nul doute les y aider.


Par |2018-06-13T21:42:08+00:005 Jan 2018|Presse|

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