//Cultivar Leaders – Centre Ouest Céréales une aide à M décision

Cultivar Leaders – Centre Ouest Céréales une aide à M décision

Bruno Sallé, exploitant dans l’Indre (ait partie des cinq administrateurs de la coopérative Centre Ouest Céréales à avoir suivi une formation Dude (décideurs économiques) proposée par Coop De France et assurée par l’IAE de Poitiers. Cette formation de 30 jours répartis sur trois ans (2015-2017), fait l’objet d’un mémoire: « Le coût de production est-il un indicateur pertinent d’aide à la décision au sein du conseil d’administration de la coopérative ? » « Suite au coup de t onnerre de la récolte 2016, nous avons choisi comme thématique la réalisation et l’analyse d’une enquête sur les coûts de production. L’enquête s’est focalisée sur deux cultures, le blé et le colza, représentant chez nous 63 % de la sole des exploitations. Nous avons créé un questionnaire, qui a été transmis aux adhérents via les technicocommerciaux. Nous avons obtenu 65 questionnaires exploitables, correspondant à 10 % de la sole de la coopérative. L’enquête a porté sur la récolte 201 5. Nous nous sommes basés sur les données comptables de nos adhérents coopérateurs, ce qui reflète le mieux la santé des exploitations sur le long terme. En moyenne par exemple, le coût de production du blé s’élève à 1 2 9 4 , 9 6 € / h a en 2015. Mais cette analyse n’est pas suffisante, nous avons donc travaillé par quartile pour pouvoir quantifier et avoir une perception plus précise des écarts de coûts entre les exploitations. Ainsi le quartile 1 affiche un CP de 1 11 0 € / h a c’est-à-dire que 25 % de la population de l’échantillon enquêté à un coût de production inférieur à cette valeur. Le quartile 3 est à 1 4 2 4 € / ha ce qui signifie que 25 % des exploitations à un coût supérieur à cette valeur. Nous avons donc 50 % des exploitations avec un coût de production du blé compris entre ces deux valeurs. Cette enquête nous a permis le calcul des marges, ^ résultats courants, prix d’objectif. Pour le blé par exemple, avec un rendement moyen de 7 , 7 7 t/ha, le prix d’intérêt blé tendre hors rémunération s’élève à 136 € / t et à 156 € / t en intégrant une rémunération de 1,5 SMIC parUTH. Cela permet de voir qu’avec un prix payé aux producteurs de 160 € / t en 2 0 1 5 , 6 0% des producteurs de blé enquêtés couvrent leur frais et arrivent à se rémunérer sur cette culture. En se servant des données de l’enquête nous avons pu construire un modèle nous permettant de faire une simulation de la récolte 2016 et 2017. Ainsi pour 2016, toujours en blé qui enregistre une chute de rendement de 30 % par rapport à la récolte 2015, le prix d’intérêt hors rémunération se situe à 201 € / t et à 230 € /t rémunération incluse. Le blé aura été finalement payé 1 4 0 € / T inscrivant la récolte 201 6 comme une année noire en termes de rentabilité des exploitations agricoles. La simulation menée sur la récolte 2017 avec un rendement moyen de 6,71 t / h a met en évidence un prix d’intérêt hors rémunération de 139 € / t et de 161 € /t rémunération incluse. Ce constat pluriannuel met en évidence que l’agriculture de notre secteur traverse une passe difficile qui n’est pas seulement due à l’atypique récolte 2016. Ainsi notre étude nous montre en allant un peu plus loin dans l’analyse que 42 % des exploitations auront un résultat courant négatif (sur la sole blé plus colza) pour la troisième année consécutive ». Pour conclure, nous voyons que ce type d’enquête fournit une multitude d’information sur l’agriculture d’un secteur donné. Elles sont à la fois d’ordre économiques et techniques mais aussi géographiques. Elles apportent donc une vue synthétique d’une population à un moment donné, et, permettent une meilleure connaissance de l’état de santé des exploitations agricoles. Le coût de production est donc un indicateur pertinent d’aide à la décision au sein des conseils d’administration, mais c’en est un parmi tant d’autres. Plus d’informations: Coopérative Centre Ouest Céréales. ^ tion présente l’intérêt de connaître le prix d’équiibre à partir duquel il peut gagner de l’argent. La bonne gestion de la commercialisation dépend de ce seuil. En son absence, il est difficile de décider d’un acte de vente. Prise de décision La difficulté est que cette notion de seuil de commercialisation varie en fonction du rendement, mais aussi d’autres facteurs comme la région : car le prix du marché n’est pas le même en Normandie avec la proximité du port de Rouen, qu’en région Centre en raison des différences de prix d’approche de ports.Et, dernier point, il ne faut pas perdre de vue que le calcul du seuil de commercialisation est un élément essentiel lors d’une décision de vente, mais il n’est pas le seul : celle-ci doit tenir compte des besoins de trésorerie, de la capacité de stockage, de la localisation et la capacité financière à spéculer. PILOTER SA FERME Un OAD pour situer la compétitivité de l’exploitation Piloter sa ferme propose depuis le mois d’octobre à ses abonnés un outil de diagnostic de compétitivité. L’OAD permet aux céréaliers de connaître la durabilité économique de leur entreprise. À partir de quinze à vingt chiffres issus pour la plupart de la comptabilité de l’exploitation (total des dépenses de la ferme de la dernière campagne clôturée, aides PAC, rendement de l’année comptable en cours, etc.) et de ceux agglomérés par la start-up, un algorithme calcule un indice de compétitivité compris entre 0 et 100 % qui évalue statistiquement combien de fois le chiffre d’affaires de la ferme couvre les dépenses qu’elle engage. « Nous estimons que l’indice de compétitivité doit être supérieur à 67 % pour considérer une exploitation comme structurellement durable. En deçà de cette valeur, l’agriculteur doit s’interroger sur sa stratégie d’exploitation. Plus l’indice est faible et plus la problématique de la ferme est structurelle. Une première simulation permet à l’exploitant de se donner un objectif d’indice de compétitivité à atteindre. L’outil permet d’ailleurs de simuler l’impact d’un investissement, d’une baisse de charges, d’une restructuration de l’endettement et autre ajustement sur le niveau de compétitivité de la ferme. Reste à l’agriculteur de s’orienter vers ses partenaires habituels pour réaliser les actions nécessaires à une meilleure compétitivité. L’objectif de ce nouvel OAD est d’apporter des repères économiques aux agriculteurs dans un contexte difficile, évoque Sylvain Jessionesse, co-fondateur et directeur commercial de la start-up: depuis quelques années, le prix des denrées agricoles sur les marchés est structurellement orienté à la baisse. S’ajoute à cela des coûts de production qui ne cessent d’augmenter et des aides de la politique agricole commune qui se réduisent. Ces deux derniers points induisent un besoin de chiffre d’affaires toujours plus important. En quinze ans, il est passé de 800 euros/ha à près de 1 300 euros/ha. » REPÈRES Il n’y a pas « un » mais « des » coûts des productions Quatre types de coûts de production différents peuvent être définis: • le «coût opérationnel» est limité aux seuls intrants. • le «coût affecté» englobe les intrants mais aussi certaines charges spécifiques.• le «coût de production avant rémunération» prend en compte les intrants et la totalité des charges de structure (y compris la main-d’oeuvre salariée et les amortissements).• le «coût de production après rémunération» comprend, en plus du décompte précédent, la rémunération de la main-d’oeuvre non salariée – cotisations sociales comprises (par exemple 2 5 0 0 0 € annuels par unité de travail) et celles des capitaux (par exemple à 3 %). Source : CA


Par |2018-06-14T00:17:37+00:001 Déc 2017|Presse|

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