//Les bons rendements ont eu un impact limité sur l’amélioration de la rentabilité

Les bons rendements ont eu un impact limité sur l’amélioration de la rentabilité

La moisson 2019 s’est révélée bonne en quantité. Une bonne nouvelle pour un modèle agricole français essentiellement bâti sur une logique de production et de recherche des meilleurs rendements. Mais la performance économique est-elle vraiment liée à la réalisation de très bonnes récoltes ? Les résultats sont sans appels : les bons rendements ne suffisent pas.

Une récolte 2019 meilleure que prévue en quantité

Pour la récolte 2019, les rendements en blé ont progressé de plus de 5 % par rapport à la moyenne quinquennale avec des écarts selon les régions. Ils ont ainsi progressé de 10 % en Ile-de-France, Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est.

En orge d’hiver, les rendements progressent significativement en région Ile-de-France et Bourgogne-Franche-Comté : + 10 %. En orge de printemps brassicole, la hausse des rendements est assez exceptionnelle en région Bourgogne-France-Comté : + 26 %.

L’année 2019 a également profité à la culture de pois (+ 13 %), avec des progressions de plus de 15 % dans trois régions : Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est, Centre-Val-de-Loire. En blé dur, les rendements progressent fortement en région Centre-Val-de-Loire, et Pays-de la-Loire (+ 28 % et + 10 %). En colza, les rendements décrochent de plus de 10 % par rapport à la moyenne quinquennale. Le décrochage est quasi-général. Il est supérieur à 15 % en région Centre-Val-de-Loire, Ile-de-France et atteint 30 % en région Bourgogne-Franche-Comté.

Un impact positif mais limité

Au global sur la Ferme France, à la mi-juillet 2019, l’impact des rendements avait permis une amélioration d’un point du ratio d’atteinte d’objectif de chiffre d’affaires, tout chose égale par ailleurs à la mi-juillet. Le ratio est ainsi passé de 97 % à 98 %.

L’impact négatif du rendement en colza a neutralisé, de par son poids dans l’assolement, une bonne partie des gains observés en céréales.

Clairement, la rentabilité n’a donc pas été atteinte malgré des rendements en hausse par rapport aux moyennes quinquennales. La ferme France reste structurellement en difficulté et l’impact négatif du rendement en colza a neutralisé, de par son poids dans l’assolement, une bonne partie des gains observés en céréales.

Des disparités significatives selon les principales régions françaises

Recalculé à l’échelle de chaque région, le ratio d’atteinte d’objectif de chiffre d’affaires met en lumière de fortes disparités selon les régions compte tenu des différences d’assolement et de potentiel agronomique. La carte de France ci-dessous représente l’impact des rendements 2019 sur ce ratio région par région.

Les régions qui profitent de la bonne récolte 2019 sont les régions Pays-de-la-Loire, Ile-de-France, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté. Pour les régions Nouvelle Aquitaine et Occitanie, l’impact des rendements est négatif sur l’évolution du ratio d’atteinte de besoin en chiffre d’affaires. Pour ces deux régions, cela s’explique par un recul des rendements en colza (plus de 20 % par rapport à la moyenne historique). Pour la région Centre-Val-de-Loire, le fort recul des rendements en colza (deuxième culture en importance en hectares avant l’orge d’hiver) limite les effets d’une bonne récolte en céréales.


Cette carte met surtout en évidence que la bonne récolte permet d’atteindre l’objectif minimum de chiffre d’affaires à réaliser pour quatre régions sur neuf : Hauts-de-France, Normandie, Pays-de-la-Loire et Ile-de-France. Pour les régions Grand Est et Centre-Val-de-Loire, les bons rendements ne suffisent pas pour atteindre les objectifs minimum de chiffre d’affaires. L’atteinte de l’objectif de chiffre d’affaires sera dépendante d’une progression des prix d’ici la fin de campagne mais également des rendements à venir en maïs et tournesol.

En synthèse

Selon cet indicateur de ration d’atteinte de besoin en chiffre d’affaires, la situation reste globalement assez tendue. Elle l’était encore davantage avant le démarrage de la récolte 2019, surtout avec des prix très éloignés des plus hauts d’août 2018.

Les bons rendements 2019 ont été les bienvenus dans ce contexte mais ils n’ont pas masqué le problème structurel de compétitivité de notre agriculture. L’équation de la rentabilité économique est aujourd’hui beaucoup plus complexe. L’impact rendement reste limité. D’autres déterminants de la rentabilité sont à activer pour performer, notamment la maîtrise des coûts et la valorisation de la récolte.

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Par |2020-03-03T16:52:22+00:003 Mar 2020|Actualités|